Downtown Matador

C’est une histoire de l’intérieur des corps et des lieux, de leur disparition et de leur transformation, de leur nostalgie ou de leur rejet. L’ancien abattoir municipal de Beaugency (Loiret) a été construit en 1864 avec les pierres d’une chapelle catholique du XVe siècle, opportunément détruite dans le contexte du courant hygiéniste et de l’avènement de la ville moderne. Sous la surface du sol affleurent encore les restes d’un cimetière abandonné peu avant la Révolution.

Ainsi se sont mêlés entre ces murs le sang des bêtes et l’évocation de la chair du Christ, l’abattage des animaux et les sacrifices bibliques, l’eucharistie et l’équarrissage, le sacre et le massacre.

Construits à l’écart des villes, invisibilisés par Google Maps et la signalétique routière, les abattoirs restent cantonnés dans un angle mort de la conscience collective. Un effacement volontaire qui provoque un impensé de la détérioration des corps vulnérables, de leurs conditions de travail et de mise à mort. Au fil d’un récit où se confondent la réalité et les mythes, Downtown Matador aborde la contamination des espèces et des espaces, le découpage et le morcellement des organismes, disséquant le lien étroit que nous entretenons avec l’animalité des humains et l’animalisation, donc la réification, des animaux.

Downtown Matador a été réalisé dans le cadre de la résidence ARDELIM 2024-2025 à la Maison Ligérienne de l’Image.